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Garde, autorité parentale et droit de visite dans la Broye

Trois mots reviennent dans chaque discussion, et on les confond presque toujours : autorité parentale, garde, relations personnelles. Le Code civil les distingue nettement.

Une séparation se joue rarement sur la maison. Elle se joue sur le mercredi après-midi, sur qui emmène au foot à Payerne, sur les vacances d'octobre. Les parents parlent alors de « garde » pour tout, alors que le droit distingue trois notions. Les mélanger fait perdre des mois de discussion.

Trois mots, trois choses différentes

L'autorité parentale est le pouvoir de décider pour l'enfant. Le Code civil pose deux règles simples : elle sert le bien de l'enfant, et l'enfant y est soumis pendant sa minorité de la part de ses deux parents, conjointement (art. 296 CC). Elle inclut le droit de déterminer le lieu de résidence de l'enfant (art. 301a al. 1 CC).

La garde dit où l'enfant vit au quotidien : chez l'un, chez l'autre, ou en alternance. Les relations personnelles, enfin, sont ce que l'on appelle le droit de visite : les week-ends, les vacances, les appels du soir. Un parent peut donc très bien garder l'autorité parentale conjointe sans avoir la garde ; c'est même la situation la plus fréquente.

Ce que le juge règle au moment du divorce

L'art. 133 CC lui donne la liste : l'autorité parentale, la garde de l'enfant, les relations personnelles ou la participation de chaque parent à la prise en charge, et la contribution d'entretien. Il tient compte de toutes les circonstances importantes pour le bien de l'enfant, prend en considération une éventuelle requête commune des parents et, autant que possible, l'avis de l'enfant. Il peut aussi fixer une contribution d'entretien pour une période allant au-delà de la majorité — utile quand un apprentissage à Yverdon-les-Bains se termine après dix-huit ans.

La garde alternée ne tombe pas toute seule

Le Code civil ne l'impose pas et ne l'interdit pas. Lorsque l'autorité parentale est exercée conjointement, le juge examine la possibilité de la garde alternée, selon le bien de l'enfant, si le père, la mère ou l'enfant la demande (art. 298 al. 2ter CC). Il regarde alors la vie réelle : la distance entre les deux logements, le trajet scolaire, les horaires de travail. Entre deux villages de la plaine séparés par vingt minutes de voiture, une alternance tient ; entre Cudrefin et Moudon, avec un bus toutes les heures, c'est une autre histoire. L'art. 298 al. 1 CC permet à l'inverse au juge de confier l'autorité parentale exclusive à un seul parent si le bien de l'enfant le commande. L'article garde alternée : ce que regarde le juge détaille ces critères.

Déménager avec l'enfant

C'est le point qui surprend le plus. Un parent qui exerce conjointement l'autorité parentale ne peut pas modifier le lieu de résidence de l'enfant sans l'accord de l'autre, ou sans décision du juge ou de l'autorité de protection, dans deux cas : si le nouveau lieu se trouve à l'étranger, ou si le déménagement a des conséquences importantes pour l'exercice de l'autorité parentale par l'autre parent et pour les relations personnelles (art. 301a al. 2 CC). Un parent qui déménage seul, lui, doit informer l'autre en temps utile (art. 301a al. 4 CC). Passer de Belmont-Broye à Genève n'est donc pas un simple changement d'adresse.

Quand les parents ne sont pas mariés

La règle passe alors par l'autorité de protection de l'enfant — la justice de paix, dans les deux cantons. Si un parent refuse de déposer la déclaration commune, l'autre peut s'adresser à elle : elle institue l'autorité parentale conjointe, à moins que le bien de l'enfant ne commande une autre solution, et règle du même coup les autres points litigieux (art. 298b CC). Le canton de Fribourg précise que l'autorité de protection de l'enfant du domicile reçoit la déclaration commune des parents non mariés lorsqu'elle est déposée après la reconnaissance de l'enfant.

Vaud

Justice de paix du district de la Broye-Vully

Adresse
Rue de la Gare 45, case postale, 1530 Payerne
Guichet
Lundi à vendredi, 8 h 30 – 13 h 00 (vd.ch)
Fribourg

Justice de paix de l'arrondissement de la Broye

Adresse
Av. de la Gare 111, 1470 Estavayer-le-Lac
Rôle
Autorité de protection de l'enfant et de l'adulte (fr.ch)

Ce que fait l'autorité de protection

Les mesures de protection de l'enfant sont ordonnées par l'autorité de protection du domicile de l'enfant (art. 315 CC). Le canton de Fribourg décrit ce qu'elle peut faire : donner des instructions aux parents, proposer un soutien par une curatelle éducative ou une surveillance du droit de visite, et, si le bien de l'enfant est sérieusement menacé, ordonner en dernier recours son placement. Ses décisions peuvent être contestées devant la Cour de protection de l'enfant et de l'adulte du Tribunal cantonal. On n'y arrive pas pour un désaccord sur les vacances : c'est un dernier étage, pas un arbitre de proximité.

Parler avant de plaider

Le Code civil ouvre lui-même la porte : le juge peut conseiller aux époux de s'adresser à un office de consultation conjugale ou familiale (art. 172 al. 2 CC). C'est le rôle de la médiation familiale, où un tiers neutre aide deux parents à écrire eux-mêmes leur calendrier plutôt que de le faire trancher. Le canton de Vaud mène par ailleurs un projet pilote de consensus parental, mais il concerne les autorités judiciaires de l'Est vaudois, pas la Broye : inutile de le demander à Payerne. Le reste se prépare : un calendrier écrit, des horaires réalistes, et de la place pour les imprévus.

Un calendrier qui tient se reconnaît à trois choses. Il est écrit noir sur blanc, jusqu'aux vacances scolaires et aux jours fériés. Il tient compte des trajets réels, pas de ceux qu'on espère : le train de 7 h 12 depuis Payerne ne change pas d'horaire parce que le planning a changé. Et il prévoit ce qui arrivera de toute façon — une grippe, un tournoi, un déménagement — plutôt que de laisser chaque imprévu rouvrir la discussion. Beaucoup de dossiers reviennent devant le juge pour cette seule raison.

Le premier rendez-vous

Ce site explique la règle, puis met en relation : la demande est transmise à un avocat partenaire inscrit au registre cantonal, qui vous rappelle pour un premier échange confidentiel. Les questions d'argent liées aux enfants sont traitées sur la pension alimentaire, et la procédure elle-même sur la page divorce. Voyez aussi les repères de Payerne et d'Avenches.

Autorité parentale conjointe veut-elle dire garde alternée ?

Non. Ce sont deux choses différentes. L'autorité parentale conjointe est la règle : l'enfant y est soumis pendant sa minorité (art. 296 al. 2 CC). Elle porte sur les décisions importantes, dont le lieu de résidence (art. 301a CC). La garde, elle, dit où l'enfant vit au quotidien. Le juge examine la garde alternée selon le bien de l'enfant, si le père, la mère ou l'enfant la demande (art. 298 al. 2ter CC).

Le juge écoute-t-il l'enfant ?

L'art. 133 al. 2 CC demande au juge de tenir compte de toutes les circonstances importantes pour le bien de l'enfant, de prendre en considération une éventuelle requête commune des parents et, autant que possible, l'avis de l'enfant. Le poids donné à cet avis dépend de son âge et de sa maturité. L'art. 298 al. 2 CC rappelle aussi le droit de l'enfant d'entretenir régulièrement des relations personnelles avec ses deux parents.

Puis-je déménager avec mon enfant sans l'accord de l'autre parent ?

Pas librement. Selon l'art. 301a al. 2 CC, un parent qui exerce conjointement l'autorité parentale ne peut modifier le lieu de résidence de l'enfant qu'avec l'accord de l'autre parent, ou sur décision du juge ou de l'autorité de protection de l'enfant, lorsque le nouveau lieu se trouve à l'étranger ou que le déménagement a des conséquences importantes pour l'autre parent et pour les relations personnelles.

Qui décide quand les parents ne sont pas mariés ?

L'autorité de protection de l'enfant, c'est-à-dire la justice de paix dans les deux cantons de la Broye. Lorsqu'un parent refuse de déposer la déclaration commune d'autorité parentale, l'autre peut s'adresser à elle : elle institue l'autorité parentale conjointe, à moins que le bien de l'enfant ne commande une autre solution (art. 298b CC). Elle règle alors aussi les autres points litigieux.

Les sources de cette page

Consultation du 10 septembre 2026. Ces explications valent en général ; elles ne valent pas décision sur votre cas.

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